Plongées au dessus d’un volcan !

 
 
   
 
 


Le porphyre bleu de l’Esterel, ou esterellite , la rhyolithe amarante ou porphyre rouge, les coulées d’ignimbrites accompagnées de nuées ardentes… ces noms, évocateurs pour les uns, mystérieux pour les autres, soulignent le caractère volcanique de la géologie de l’Esterel, l’un des trois massifs, avec les Maures et le Tanneron, de la Provence cristalline.
Il faut remonter dans le temps jusqu’à environ 325 millions d’années, au milieu du Carbonifère, pour assister à la mise en place des massifs de granites et de schistes du Tanneron et des Maures : c’est l’orogenèse hercynienne qui s’érigea à la suite de la collision de deux plaques lithosphériques.

 
   
 


L’histoire de l’Esterel a commencé un peu plus tard, vers 300 millions d’années, à la fin du Carbonifère, par un premier cycle volcanique consécutif au plongement de l’une de ces plaques. Ces laves n’ont laissé que très peu de traces visibles. Ensuite, au Permien (il y a environ 275 millions d’années), en bordure d’un fossé d’effondrement orienté Est-Ouest, un second cycle volcanique a donné naissance à un grand massif, d’extension beaucoup plus développée que le massif de l’Esterel actuel qui en est le vestige visible : une partie a disparu par érosion, une autre affleure en corse (massif du Cinto) et enfin le reste s’est effondré sous la mer. Le volcanisme de l’Esterel est caractérisé par une grande variété de manifestations éruptives, aussi bien explosives qu’effusives. Il a émis de grandes coulées d’ignimbrites, formées de débris de lave projetés puis soudés à chaud, accompagnées de nuées ardentes. Ces laves, consolidées, sont de nature rhyolitiques, roches acides (elles sont très riches en silice, plus de 60 %), qui offrent une grande diversité de texture et de couleur, à l’origine des dénominations évocatrices listées en introduction : porphyre bleu, rhyolithe amarante…

 
       
 


La nature acide de ces roches a pour conséquence notable de donner des sols pauvres ; le nom d’ » Esterel « pourrait provenir de la contraction du terme prélatin ester, le rocher, et du latin sterilis, évoquant la pauvreté du sol. L’acidité des sols a favorisé le développement d’une flore particulière, adaptée à ce milieu (espèces silicicoles ), avec la présence du maquis et d’espèces comme le chêne liège, le pin maritime, l’arbousier…

 
       
 


Cette ancienne et très longue histoire géologique nous permet maintenant de contempler, entre Cannes et Saint Raphaël, le splendide massif de l’Esterel, avec ses falaises déchiquetées rouges qui plongent dans les eaux bleues de la Méditerranée.

 
   
 


Vos plongées depuis Agay pourront vous mener sur les traces de cet immense et très vieux volcanisme… il vous faudra imaginer, sous les gorgones, éponges et autres organismes marins recouvrant les secs et les tombants, la présence du porphyre rouge ou de l’esterellite, et percevoir que ce décor minéral et figé a été, dans un lointain passé, fluide et très mouvementé.

Philippe Bouilly
Géologue, Accompagnateur de Randonnées


Sources consultées :

  • Guide des volcans de France – Pascal Richet – brgm éditions – Belin 2003
  • Le tour de France d’un géologue – Nos paysages ont une histoire – François Michel – brgm éditions – delachaux et niestlé - 2008

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